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Un complément important au réseau Bitcoin : les couches de niveau 2

Bitcoin est donc un système relativement lent. Ce n’est pas très grave si vous achetez une voiture ou une maison, ou faites un achat en ligne, ou si vous envoyez de l’argent à famille ou amis, cela peut attendre quelques minutes. Mais pour les achats de tous les jours, à la caisse de supermarché, au restaurant ou au cinéma, vous ne voudrez pas attendre 10 mns ou plus selon l’utilisation du réseau à ce moment-là. Il faudrait un système complémentaire, comme la carte bancaire, qui permet des transactions instantanées et garantissent son paiement au marchand.

Ces systèmes ont été inventés pour Bitcoin, ce sont les couches de niveau 2 (layer 2 en anglais), par opposition à la chaîne principale (layer 1), et sans entrer dans les détails, nous expliquons ici les principes des deux principales, qui sont assez différents. Elles permettent toutes les deux de faire des transactions instantanées de toute valeur, et avec des frais très faibles (quelques fractions de centimes, voire nuls pour de faibles transactions). Mais bien sûr au prix de certains compromis par rapport à l’absolue indépendance, sécurité et simplicité de bitcoin, que nous détaillons.

Pour être exhaustif et dans notre optique de donner une vision objective, il en existe une troisième RSK, tout aussi honorable et intéressante, mais moins orientée paiements, ce qui nous intéresse ici, car elle présente des possibilités très puissantes en termes de contrats intelligents (smart contracts), avec la sécurité de la blockchain Bitcoin.

Le réseau lightning

Eclair en anglais, cela dit bien ce que cela veut dire.

Le principe est le suivant : des acteurs du réseau bitcoin vont se faire confiance deux à deux, et tenir une comptabilité entre eux des échanges en bitcoin qu’ils vont se consentir. Un peu comme une ardoise dans votre bar favori, ou une cagnotte entre amis qui vont souvent au restaurant ensemble. Ils notent chaque fois que l’un engage une dépense, et ils peuvent à tout moment décider de remettre les compteurs à zéro et équilibrer les comptes. L’avantage est bien entendu la rapidité (on note une dépense sur une liste), mais il faut se faire confiance, car l’un des acteurs peut ne jamais régler sa dette. Comme nous sommes dans l’univers des maths, de la cryptographie et du logiciel, cette confiance est limitée par de nombreux garde fous, mais c’est tout de même un compromis par rapport à l’absolue sécurité de Bitcoin.

Voici comment cela fonctionne :

  • Les deux acteurs créent entre eux ce qu’on appelle un canal, dans lequel ils mettent en commun un certain montant en bitcoin. Ils tiennent entre eux un compte des mouvements de bitcoins qui interviennent entre eux, sans que ces mouvements ne soient enregistrés dans un bloc. A tout moment, ils peuvent décider de « fermer » ce canal, et cela donne cette fois lieu à une transaction réelle, enregistrée dans un bloc, dans laquelle chacun recevra la part du montant du canal qui lui revient en tenant compte de tous les mouvements qu’ils ont noté. Simple non? Chaque mouvement intermédiaire est appelé une transaction « off-chain », les transactions de création et de clôture du canal sont appelées « on-chain ».
    • Usage simple n°1 : vous ouvrez un canal d’un montant de 100 € en bitcoin avec votre bar préféré, a chaque café que vous prenez vous faites un paiement lightning, quand vous avez consommé les 100€ vous fermez le canal. Le commerçant reçoit les 100€ en bitcoin et vous pouvez en ouvrir un autre pour la période suivante. Accessoirement, par rapport à une ardoise classique, si vous décidez de ne plus revenir, le commerçant ferme le canal et reçoit sa part, vous recevez ce que vous n’avez pas dépensé et tout le monde est content.
    • Usage simple n°2 : vous ouvrez un canal avec un ami avec qui vous échangez souvent de l’argent, chacun met une somme équivalente, comme dans une cagnotte, et en vous faisant des paiements lightning chaque fois vous êtes toujours à jour de vos comptes.
    • Vous pouvez avoir autant de canaux que vous voulez avec autant d’interlocuteurs avec qui vous traitez souvent.
  • Maintenant, imaginez que vous souhaitiez payer via le réseau lightning quelqu’un avec qui vous n’avez pas de canal ouvert, et pour lequel ouvrir un canal aurait peu de sens. Le réseau va calculer une succession de canaux qui vous relient, et le paiement va utiliser ces canaux pour parvenir à sa destination. Chaque acteur prélèvera des frais minimes (ou pas) pour rémunérer le service qu’il vous rend. Au final vous aurez payé instantanément et à peu de frais quelqu’un avec qui vous n’avez aucune connection directe.

C’est ainsi que fonctionne le réseau lightning, et cela marche très bien pour les montants de la vie quotidienne. A partir d’un certain montant, il devient difficile de trouver un enchaînement de canaux avec un montant suffisant pour faire le paiement de bout en bout, et le paiement risque de ne pas aboutir. Mais là, utiliser le réseau Bitcoin redevient d’actualité.

Payer en lightning est aussi simple qu’avec Bitcoin, un téléphone suffit. La majorité des wallets sont à la fois Bitcoin et Lightning, et si vous ne voulez pas vous embêter avec la gestion de canaux certains se chargent de vous ouvrir un canal sur le réseau qui vous permettra de payer et recevoir.

Il y a un revers à la médaille, c’est que pour être autonome sur lightning, c’est un peu plus compliqué que pour Bitcoin. Ou plutôt cela prend plus de temps, car il faut gérer ces fameux canaux, les ouvrir, les fermer, s’assurer qu’ils sont équilibrés pour que vous ayez toujours le moyen de trouver une route pour faire aboutir vos paiements. Autant remplacer sa banque avec Bitcoin ne requiert rien d’autre qu’un wallet pour être autonome (même si avoir son propre noeud est une sécurité supplémentaire, mais celui ci fonctionne tout seul sans intervention aucune), autant remplacer Visa ou Mastercard demande un peu d’investissement.

C’est pour cela que des intermédiaires voient le jour, pour gérer la complexité à la place de l’utilisateur qui ne veut pas devenir informaticien pour payer ses courses. On les appelle des lightning service providers(LSP), et c’est l’une des activités de fi4free. Notre infrastructure fait partie du réseau lightning, et nous gérons un portefeuille de canaux pour fournir à nos clients la liquidité et les routes pour qu’ils puissent payer en lightning.

Le réseau Liquid

Le réseau liquid est un modèle différent dit de chaîne collatérale (sidechain), c’est à dire une blockchain parallèle gérée par une fédération d’entreprises de l’écosystème Bitcoin (près de 70 sociétés), avec des ponts vers la blockchain principale. Sur cette blockchain sont gérées des L-BTC (pour liquid), qui sont obtenus par échange de Bitcoins depuis la blockchain principale. Ce sont les entreprises de la fédération qui stockent les Bitcoins initiaux, et vous les restituent lorsque vous le souhaitez.

C’est un un fossé beaucoup plus important avec les principes de Bitcoin en ce qui concerne la confiance, mais fédération implique que ce sont des entités distinctes qui gèrent ce stockage, et que plusieurs d’entre elles (ou plutôt un de leurs serveurs spécialisés) doivent donner leur accord pour effectuer une transaction pour rendre ces bitcoins à leur propriétaires (aujourd’hui 11 d’entre elles pour être précis, c’est à dire qu’il faudrait que plus des 2/3 des autorités de signatures soient malhonnêtes ou compromises). C’est d’ailleurs ce manque de décentralisation qui est le souci, le logiciel du protocole liquid étant le même que celui de la blockchain.

Mais en contrepartie de cette moindre sécurité, Liquid offre des avantages qui valent d’être considérées. Pour rester sur les mêmes fonctionnalités qu’offre Bitcoin, les transactions sont quasi instantanées, pour tous les montants, les frais sont ridiculement bas, et les transactions sont confidentielles (c’est à dire que contrairement à Bitcoin, une transaction sur liquid ne permet de voir ni les parties concernées, ni son montant.

Par ailleurs, la blockchain liquid permet de gérer d’autres actifs financiers, comme des titres (actions, obligations, cela ne concerne pas notre propos à fi4free) ou, ce qui nous intéresse ici, des monnaies numeriques stables (stablecoins) comme le Dollar ou l’Euro. C’est particulièrement intéressant, notamment pour des raisons fiscales, car lorsque pour une raison ou une autre on souhaite temporairement ne pas rester exposé à la volatilité de Bitcoin, échanger le Bitcoin en un autre actif numérique n’est pas assimilé à une vente comme si on le convertissait en Euro. Et donc ne génère pas de plus value. Il y a d’autres moyens de le faire, mais en utilisant des blockchains beaucoup moins sécurisées, et avec des frais beaucoup plus élevés qu’en restant sur la même blockchain, chacune prélevant sa dîme.

Bref, nous ne revenons pas sur la validité du principe de laisser le moins possible de place à des intermédiaires , mais nous aimons beaucoup Liquid, et s’il n’est pas question de laisser votre patrimoine en Liquid Bitcoin, en avoir un peu pour gérer vos paiements n’est pas une mauvaise idée selon nous. Et il se complète très bien avec lightning.

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